Présenté en compétition lors de la Berlinale et dans la sélection “contre-champs” du Festival International du Film d’Animation d’Annecy 2026, Une Aube nouvelle, du réalisateur Yoshitoshi Shinomiya, transporte les spectateurs dans la quête du shuhari, un feu d’artifice légendaire censé représenter l’univers.

Après la faillite de l’usine de feux d’artifices traditionnels et la disparition de leur père, Chicchi et Keitaro Obinata ont pris deux chemins différents. Chicchi est devenu fonctionnaire pour la ville et souhaite tourner la page quand Keitaro reste obsédé par le shuhari qu’il tente par tous les moyens de finaliser. Quatre ans passent, le projet de destruction de l’usine progresse malgré l’obstruction de Keitaro. Chicchi fait alors intervenir Kaoru, leur amie d’enfance qui avait refait sa vie à Tokyo. 

© 2025 A NEW DAWN Film Partners

Les racines

S’ils semblent avoir pris des chemins différents, les trois jeunes adultes sont pourtant fortement attachés à leurs racines locales et à l’usine de feux d’artifice qui a fait la fierté de la ville pendant des générations. L'obsession de Keitaro pour le feu d’artifice et sa volonté farouche de préserver la maison familiale interrogent et fascinent Chicchi et Kaoru. 

Cette incroyable maison-atelier- jardin où s'entasse toute la mémoire de leur famille dans un joyeux bric à brac de bibelots, dessins, plantes et nécessaires d’artifice est menacée par un chantier de construction d’une route départementale et l'installation d’un champ de panneaux photovoltaïques.

Cette maison d’enfance aux accents oniriques est littéralement le double de Keitaro, mais ses bases sont fragiles et elle plie littéralement sous le poids des ans et de la charge qui est la sienne tant du point de vue symbolique que physique tant elle est remplie à ras bord.

Le shuhari est plus qu’un mythe pour les trois jeunes protagonistes. Glorifié dans les récits fondateurs du village, il est la quintessence du savoir-faire familial qui s’est transmis de génération en génération. Pour Chicchi et Keitaro, c’est le dernier leg de leur père et un précieux souvenir de leur défunte mère. Pour Kaoru, c’est une part de ses rêves d’enfance. 

A l’image de la verdoyante forêt qui entourait jadis la maison et le village autour d’une lagune où Kaoru adorait se baigner, les racines du village s’étiolent et laissent place à la modernité plus aseptisée.

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La modernité

A première vue, le film peut sembler être une lutte entre la sauvegarde de la tradition et la marche de la modernité. Keitaro semble refuser d’affronter le présent et la perte qu’il représente. Il reste figé dans un passé qui n’est déjà plus et dont les lueurs persistent dans ses souvenirs.

C’est pourtant moins le sujet que celui de la quête d’identité et l’acceptation de la transition. Pour les habitants de la ville, dont les familles ont pourtant vécu de la création des feux d’artifices, le shuhari n’est qu’un mythe désuet et vain. Pour les trois protagonistes, il représente bien plus que cela. C’est l'éclatant passage à leur nouvelle vie d’adulte en paix avec leur passé. Car pour avancer, il faut parfois accepter de laisser de côté le passé.

Car aucun des trois jeunes adultes n’est contre la modernité et l’inéluctable marche du temps. Mais ce feu d’artifice, le dernier et ultime créé dans la ville, doit permettre l’éclosion d’une aube nouvelle et rappeler aux habitants la fierté de leur passé commun.

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Le film est visuellement très réussi tant dans l’animation que pour les décors luxuriants de la nature ou cette incroyable maison. La frénésie de l’action et les flash-back se mêlent pour donner vie à ce récit sur la transmission et le passage à l’âge adulte.

C’est aussi un récit sur l’accomplissement de ses rêves et des liens qui persistent malgré la distance qui s'installe au fil des ans.

Tant par sa conception impeccable que pour le développement de son histoire, Une Aube nouvelle mérite une attention toute particulière. Il a d’ailleurs reçu le prix du jury contrechamps lors du dernier festival d’Annecy. 

Japon-France - 76 minutes - Animation 2D - Couleur 

Réalisation : Yoshitoshi Shinomiya

Scénario : Yoshitoshi Shinomiya

Direction de la photographie : Anna Tomizaki

Musique : Shuta Hasunuma

Production design : Yoshitoshi Shinomiya, Akiko Majima

Producteurs : Fumie Takeuchi,  Emmanuel-Alain Raynal, Pierre Baussaron

Produit par : Asmik Ace et Miyu Productions

Avec les voix de : Riku Hagiwara, Kotone Furukawa, Miyu Irino

Distribution France : ADN

Ventes internationales : Charades

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