Petite nouveauté de taille dans le catalogue shojo de Soleil Manga : Sayonara Miniskirt d’Aoi Makino qui nous présente une histoire originale. La reconstruction d’une jeune fille traumatisée après une agression.  

Nina est une jeune fille étrange aux yeux de ses camarades, cheveux courts, uniforme de garçon, pas de maquillage et surtout, elle ne se mêle pas à ses camarades et prend rapidement la mouche quand les garçons font des remarques déplacées. Mais qu’est-ce qui pousse Nina à adopter ce comportement à l'opposé de ses camarades de classe ? 

Une jeune fille en pleine reconstruction

Nina a un comportement pour le moins étrange quand on sait comment les japonais et plus largement les adolescents aiment le conformisme. Nina a une attitude tellement différente de ce que l’on attend habituellement d’une adolescente que certains de ses camarades la prennent pour un garçon effronté. Elle est d’ailleurs mise à l’écart par ses camarades. 

Seul Hikaru, le garçon le plus populaire de sa classe, semble comprendre ce que vit la jeune fille. En effet, Nina a été agressée par un homme, elle en garde une longue cicatrice sur le bras et un traumatisme profond. La reconstruction est d’autant plus difficile que le coupable court toujours et qu’elle a dû quitter sa famille et ses amis pour sauver sa vie. 

L’image de la femme  

Ce Shojo est particulièrement intéressant car il montre une réalité que l’on connait si l’on s’intéresse déjà au Japon et à sa culture. Les femmes, et surtout les jeunes filles, sont objectivées. Il n’est pas rare qu’elles subissent du harcèlement dans leur vie quotidienne, que ce soit au Lycée, au travail ou dans les transports en commun où les frotteurs sont appelés chikan. Tsuji, une des camarades de classe de Nina, est d’ailleurs souvent victime de ce type de harceleurs.  

Au contraire, les garçons de la classe ne comprennent pas bien ce qu’endurent les filles et passent leur temps à faire des commentaires sur leur physique. De même, Miku, jeune et jolie fille particulièrement populaire, fait tout pour coller à l’idéal masculin de la femme. Elle dénigre Nina et Tsuji et essaye de rallier les autres filles de la classe qui l’admirent.

Autre sujet abordé, le phénomène des idoles, ces jeunes filles qui chantent, dansent, passent à la télévision, etc. Incarnations d’un idéal de pureté, elles n’ont théoriquement pas le droit d’avoir de petits amis et ont des communautés de fans très dévoués, mais il arrive également que certains fans deviennent agressifs envers les jeunes filles.    

Graphiquement, le titre est parfaitement shojo avec des personnages fins, des jeunes filles aux grands yeux, des personnages aux traits fins. 

Sayonara Minishirt est une très bonne surprise. La psychologie des personnages est bien exploitée, les intrigues s'emboîtent, l’autrice ménage son suspense. Le titre aborde un problème très actuel au Japon où la libération de la parole des femmes est particulièrement difficile, même si les choses bougent lentement depuis le début du mouvement Me Too, et surtout depuis l’affaire de la journaliste Ito Shiori. Les consciences sont en train d’évoluer. L’on observe d’ailleurs de plus en plus de mangas traitant de sujets douloureux pour les femmes comme le harcèlement et le viol. Une nouvelle génération de shojo est en train de voir le jour, avec une ligne plus actuelle et surtout plus bénéfique pour les jeunes lectrices. 

 

Sayonara miniskirt t1 : Un passé douloureux
Sayonara miniskirt t1 : Un passé douloureux

Sayonara Miniskirt 01
Date de parution : 11/03/2020

ISBN : 978-2-302-08191-8
Série : SAYONARA MINISKIRT

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