Cette semaine est riche en annonces du côté des expositions. Entre finissage et lancement de l'année culturelle, entre Japon et Moyen Âge, il y a de quoi faire et pas qu'en France ! A vos agendas et vos appareils photos ! 

visuels : Statue en bois du Kongô Rikishi (Agyô ou à bouche ouverte), Trésor national © Temple du Kofukuji

Musée Guimet : NARA Trois trésors du bouddhisme japonais - Présentation de trois sculptures du 23 janvier au 18 mars 2019

Un prêt exceptionnel accordé par la ville de Nara au musée national des arts asiatiques – Guimet vient clore la Saison Japonismes 2018. Berceau historique du Japon, la ville fut capitale de 710 à 784. Ses temples bouddhiques conservent encore aujourd’hui les chefs-d’œuvre incontestés de la sculpture japonaise médiévale. Pour la première fois prêtés hors du Japon, sont présentés en France deux gardiens, trésors nationaux, et une effigie en bois du bodhisattva Jizô, classé « bien culturel important ».

Présentées dans le lieu le plus chargé d’histoire du musée - la rotonde de la bibliothèque - ces trois sculptures médiévales nous interpellent à plus d’un titre. Avec la plastique fluide et rayonnante de la divinité contraste l’effet proprement athlétique des deux gardiens démontrant d’impressionnantes connaissances anatomiques. Exemples exceptionnels, ces trois œuvres sont l’occasion de découvrir l’évolution des techniques des sculpteurs japonais et invitent à remettre en question l’histoire de la sculpture mondiale.

Les trois œuvres étaient initialement abritées dans le Saikondo (« sanctuaire de l’Ouest »), du temple Kôfuku-ji, bâtiment construit en 734 à l’époque de Nara, bien que n’étant pas contemporaines. L’effigie du bodhisattva Jizô (Ksitigarbha) semble y avoir été abritée avec d’autres divinités bouddhistes avant que des incendies ne détruisent le premier sanctuaire en 1180 (début de la guerre qui vit s’affronter les clans Minamoto et Taira, et qui aboutira sur le début de l’époque de Kamakura). Les deux sculptures de gardiens datent du 13e siècle et furent créées dans le cadre de réaménagements effectués pendant la période de Kamakura (1185-1333). Puissantes et intimidantes pour mieux repousser les mauvais esprits avec leurs traits tendus, ces sculptures illustrent la technique de sculpture yosegi yukuri consistant à sculpter les différentes parties de la statue séparément afin de pouvoir faciliter les réparations ultérieures. Ainsi, les deux gardiens sont composés de divers morceaux de bois de cyprès japonais. La superposition des éléments au niveau de la taille produit une illusion de mouvement intense. De la même manière, les globes oculaires en cristal ajoutent à la tension dramatique de la composition. Très expressifs, ces deux gardiens, créés pour encadrer une porte, présentent, malgré leurs différences (nommés Agyô et Ungyô, ils symbolisent la force brutale (bouche ouverte) et la force retenue (bouche fermée)), un équilibre, une symétrie générale que l’on retrouve dans leurs déhanchements opposés et dans les plis des tissus. Ils sont représentatifs de l’époque de Kamakura et plus particulièrement du style de l’école du sculpteur Unkei, dont ils seraient des créations.

Plus ancienne, la représentation du bodhisattva Jizô date du 9e siècle. Façonnée dans un unique morceau de bois, elle est caractéristique de l’époque de Heian (794-1185) où les divinités apparaissent imposantes et graves, à l’image de leurs modèles de la Chine Tang, mais non dénuées de raffinement dans le traitement des drapés et des traits du visage, peu à peu nipponisés. Objet de culte très apprécié du grand public au Moyen Âge, le bodhisattva Jizô était notamment considéré comme un sauveur pour les femmes et les enfants. La coloration de son vêtement postérieure à sa création (fin du 13e siècle) illustre la pérennité de son culte.

La venue exceptionnelle de ces trois œuvres offre l’occasion de contempler, dans un face à face privilégié, un pan fondamental de la sculpture japonaise.

MCMNAAGJaponismes 2018 
Musée national des arts asiatiques – Guimet
6, place d’Iéna, 75116 Paris – tél : 01 56 52 53 00
Hôtel d'Heidelbach – 19 avenue d’Iéna 75116 Paris
Musée d’Ennery – 59 avenue Foch 75116 Paris
Métro : Iéna, Trocadéro, Boissière / Bus : n°30, 32, 63, 82
Stationnement : avenue Kléber, avenue George V (place de l'Alma)
Taxis : Avenue d'Iéna devant le musée
www.guimet.fr

DERNIERS JOURS pour les EXPOSITIONS "LA FABRIQUE DU LUXE" & "TRÉSORS DE KYOTO" Jusqu'au dimanche 27 janvier 2019

La Fabrique du luxe, les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle,  au Musée Cognacq-Jay

« Marchands de tout et faiseurs de rien », pour reprendre la célèbre et peu amène sentence de l’Encyclopédie attribuée à Diderot, les merciers constituent l’une des plus importantes corporations parisiennes au XVIIIe siècle.
À travers les destins de marchands comme Lazare Duvaux ou Dominique Daguerre, le musée Cognacq-Jay explore la question des marchands merciers à travers une centaine d’œuvres d’art, de documents et d’archives illustrant les origines du luxe à la parisienne.

Trésors de Kyōto, Trois siècle de création Rinpa au Musée Cernuschi

Proposée dans le cadre de la saison "Japonismes 2018 : les âmes en résonance", l'exposition dévoile pour la première fois en Europe des chefs-d’œuvre inestimables. 
Plus de soixante œuvres illustrent l’extraordinaire variété des créations Rinpa, montrant que les artistes de ce courant ne se sont pas consacrés seulement à la peinture, mais aussi à la gravure, au décor d’objets en céramique, en bois et en laque, leur but étant de faire entrer la beauté dans la vie de tous les jours.

La ville de Sceaux et le Département des Hauts-de-Seine célèbrent l'année Colbert en 2019

Le 24 janvier, en prélude au lancement de l'année Colbert, le Département propose une visite libre de l'exposition « Who is who chez les Colbert ? La collection d'estampes de Joseph de Colbert » (du 15 janvier au 21 avril aux Écuries du Domaine départemental de Sceaux, avenue Claude-Perrault), de 17h à 19h. L'occasion de découvrir une collection d'estampes représentant les membres de la famille de ce personnage éminent du règne de Louis XIV.

A 20h30, la Ville de Sceaux présente une conférence « Jean-Baptiste Colbert : ombres et lumières sur le grand ministre du Roi-Soleil » par Jean-Christian Petitfils, historien et spécialiste du XVIIe siècle.


Dans le cadre de ce mois inaugural, le Département proposera également deux conférences de David Beaurain les 17 et 31 janvier à 18h30 au Domaine départemental de Sceaux intitulées Nicolas Fouquet à Vaux-le-Vicomte et Louis XIV à Versailles. En clôture de ce premier mois d'animations, le cinéma Trianon présentera, jeudi 31 janvier à 20h30, la projection de La prise du pouvoir par Louis XIV de Roberto Rosselini. Ce téléfilm de 1966 met en scène le jeune Louis XIV confronté aux doutes de son entourage sur sa capacité à gouverner à la mort de Mazarin, en 1661. Il sera aidé dans son ascension au pouvoir par Colbert... Cette séance sera présentée par Dominique Brême, Directeur du domaine départemental de Sceaux.

Autant de temps forts culturels qui vont se poursuivre tout au long de l'année !

Programme annuel complet et détaillé sur www.sceaux.fr et www.hauts-de-seine.fr 


EXPOSITION « WHO IS WHO CHEZ LES COLBERT ? LA COLLECTION D'ESTAMPES DE JOSEPH DE COLBERT » Du 15 janvier au 21 avril 2019 au Domaine départemental de Sceaux

Le Département présente l'exposition « Who is who chez les Colbert ? La collection d'estampes de Joseph de Colbert » dans la « galerie bis », installée aux Écuries, au Domaine Départemental de Sceaux. Cette collection d'estampes a été réunie par un amateur éclairé et descendant de la famille, Joseph de Colbert.

Cette exposition ouvre l'année dédiée au créateur du Domaine départemental de Sceaux, en célébration de son 400e anniversaire. Lorsqu'il acquiert cette propriété en 1670, Jean-Baptiste Colbert est l'un des principaux ministres du Roi-soleil. L'exposition « Who is who chez les Colbert » s'attache à présenter l'ensemble du « clan Colbert », car le « Grand Colbert » n'est pas à l'origine de la fortune familiale. Il fut le membre le plus éminent d'une véritable dynastie de ministres et de grands commis d'Etat. 45 portraits, gravés par les meilleurs artistes de l'époque, reconstituent ainsi l'arbre généalogique d'une famille à la transition des XVIIe et XVIIIe siècles.

L'exposition revient également sur les techniques anciennes de l'estampe pour révéler cet art si particulier, très apprécié à l'époque pour diffuser les portraits. C'est ainsi que Robert Nanteuil put avoir le privilège, rare pour un graveur, de dessiner le roi d'après nature. Le visiteur pourra admirer le chef d'œuvre « La Sainte Face » que son auteur Claude Mellan a composé d'un seul trait au burin.

Le Domaine départemental de Sceaux proposera tout au long de l'année des événements pour célébrer cet anniversaire (conférences, concerts, spectacle pyrotechnique...), avec en point d'orgue en fin d'année une grande exposition consacrée aux Colbert, ministres et collectionneurs, dans le château rénové, après un an de travaux.

L'accrochage s'accompagnera d'un catalogue et d'une programmation (visites et ateliers) à destination de tous les publics.

Au programme :
-          Deux ateliers gravure avec une artiste professionnelle, dont un pour les familles, dimanche 3 février
-          Des visites-ateliers d'art plastique pour les familles les dimanches 3 mars et 7 avril
-          Des visites flash, gratuites, les dimanches 3 février et 3 mars
-          Un cycle de conférences « Domaines et Châteaux en Ile-de-France au temps des Colbert »

Le 17 janvier, Nicolas Fouquet à Vaux-le-Vicomte
Le 31 janvier, Louis XIV à Versailles
Le 14 février, Madame de Montespan à Clagny
Le 21 février, Louvois et le Grand Dauphin à Meudon
Le 14 mars, Monsieur à Saint-Cloud
Le 21 mars, Jean-Baptiste Colbert à Sceaux
 
Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) est l'un des personnages éminents du règne de Louis XIV : contrôleur général des Finances du royaume (1665), surintendant des Bâtiments (1664) et secrétaire d'État chargé de la maison du Roi, de Paris, du Clergé et de la Marine (1669), il accompagna avec une remarquable efficacité la réorganisation du pays voulue par le Roi-Soleil au lendemain de la Fronde. Sur le plan privé, Colbert marqua considérablement Sceaux, aussi bien par le domaine qu'il y créa, aujourd'hui propriété du Département des Hauts-de-Seine, que par son action en faveur de la ville, dont il participa au développement. À sa mort, en 1683, son fils, le marquis de Seignelay (1659-1690), prit la suite, tant dans certaines responsabilités (le secrétariat d'État à la Marine notamment) que dans la gestion du patrimoine familial : hôtel particulier à Paris, domaine de campagne à Sceaux, collections... André Le Nôtre, Charles Le Brun ou Jules Hardouin-Mansart sont, parmi d'autres, les grands artistes qui accompagnèrent le grandiose projet scéen des Colbert. En 2019, en commémoration des 400 ans de la naissance du Grand Colbert, la Ville et le Département des Hauts-de-Seine rendent hommage à cet illustre personnage à travers une programmation culturelle exceptionnelle.
Informations pratiques :
Adresse : Ecuries du Domaine départemental de Sceaux - 8 avenue Claude Perrault - 92330 Sceaux
Renseignements : 01 41 87 29 50 - http://domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.fr
Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h30
Tarifs : de 1,50 € à 5€

A Nogent-sur-Marne deux petites expositions

Gaia Vincensini Sorcières arrivant sur Genève, 2017 Aquarelle et encre de Chine, A4 Courtesy de l’artiste et de la galerie Gaudel de Stampa

LA VÉRITÉ N'EST PAS LA VÉRITÉ au MABA, DU 17 JANVIER AU 20 AVRIL 2019

Du 17 janvier au 20 avril 2019, la MABA présente une exposition collective autour de l'imagerie associée aux sorcières pour évoquer des questionnements liés à des enjeux écologiques, économiques et de liberté de parole. Intitulée La Vérité n’est pas la Vérité, curatée par Caroline Cournède, elle réunit des dessins, photographies, installations et vidéos des artistes français et étrangers Meris Angioletti (Italie), Nina Canell (Suède), Ilanit Illouz (France), Jonathan Martin (France), Marijke De Roover (Belgique) et Gaia Vincensini (Suisse).

Exposition réalisée avec le concours du Frac Grand Large – Hauts-de-France (Dunkerque).

MABA
16, rue Charles VII 94130 Nogent-sur-Marne
Tél. : 01 48 71 90 07
maba@fondationdesartistes.fr
fondationdesartistes.fr

Ouvert au public, les jours de semaine de 13h à 18h
Les samedis et dimanches de 12h à 18h
Fermeture les mardis et les jours fériés
Entrée libre


MICHEL DUPLAIX, JAZZ À NEWPORT à LA MAISON NATIONALE DES ARTISTES JUSQU'AU 17 FÉVRIER 2019

Jusqu'au 17 février 2019, la Maison nationale des artistes présente un accrochage consacré au journaliste-photographe et illustrateur franco-américain Michel Duplaix (1931-2018). L’exposition, intitulée Jazz à Newport, revient plus particulièrement sur sa carrière américaine, rassemblant une série de photographies réalisées lors du festival de jazz de Newport en 1958. Elle permet de découvrir des portraits des grands noms du jazz tels Louis Armstrong, Dave Brubeck, Duke Ellington, Ella Fitzgerald, ou encore Dizzy Gillespie… et restitue l’ambiance générale de l’événement (musiciens, spectateurs, soirées privées).

Michel Duplaix est un ancien résident de la Maison nationale des artistes.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la saison thématique « Jazz » de la Ville de Nogent-sur-Marne.

Maison nationale des artistes
14, rue Charles VII 94130 Nogent-sur-Marne
Tél. : 01 48 71 28 08
ehpad@fondationdesartistes.fr
fondationdesartistes.fr

Ouvert au public, tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 18h
Entrée libre

Accès MABA et Maison nationale des artistes
RER A : Nogent-sur-Marne puis bus 114 ou 210, arrêt Sous-préfecture
RER E : Nogent-Le Perreux puis direction Tribunal d’instance
Métro ligne 1 : Château de Vincennes puis bus 114 ou 210, arrêt Sous-préfecture

Le Moyen Âge à l'honneur dans le monde

Splendeurs médiévales, la collection Duclaux révélée au Musée des Beaux-Arts, Angers Jusqu’au 24 février 2019

 
En 2002, Marie Duclaux, veuve de l’industriel et collectionneur Daniel Duclaux, faisait don de leur château de Villevêque et de leur collection d’art et de livres comprenant près de 900 objets principalement de Moyen Âge et de la Renaissance à la ville d'Angers. Il s’agit donc pour le Musée des Beaux-Arts de rendre hommage à ce donateur à l’occasion des 15 ans de l’ouverture au public du musée-château de Villevêque, tout en célébrant la diversité de cette collection.


Burrell at Kelvingrove: Collecting Medieval Treasures au Kelvingrove Art Gallery and Museum, Glasgow Jusqu’au 27 mai 2019

Cette exposition présente une sélection d’objets effectuée par Sir Paul Ruddock, ancien directeur du Victoria and Albert Museum, dans la collection donnée par Sir William Burrell à la ville de Glasgow. Parmi les pièces remarquables, un vitrail représentant la princesse Cecily, réalisé en Angleterre entre 1482 et 1487. Important mécène du musée de Cluny, Sir Paul Ruddock est membre d’honneur des Amis du musée.


Caravans of Gold, Fragments in Time: Art, Culture, and Exchange across Medieval Saharan Africa chez The block museum of Art, Illinois, Evanston du 26 janvier au 21 juillet 2019

Le musée de l’université Northwestern, près de Chicago, est la première étape d’une exposition consacrée aux caravanes du désert saharien du VIIIe au XVIe siècle, qui sera ensuite accueillie à Toronto puis au Smithsonian Museum. Elle bénéficie des découvertes archéologiques récentes à Sijilmasa, Gao et Tadmekka et de prêts exceptionnels des musées maliens, marocains et nigérians.


Découvertes à Acquigny. Dans l’atelier du potier aux 11e et 12e siècles au Musée des Antiquités, Rouen Jusqu’au 31 mars 2019

Le roi Arthur. Une légende en images au Château de Pierrefonds Jusqu’au 22 avril 2019

Le mythe arthurien et la quête du Graal fascinent et servent de source d’inspiration aussi bien dans la littérature qu’au cinéma. Cette exposition retrace l’histoire de l’utilisation de cette matière, ponctuée par la projection d’illustrations provenant des manuscrits de la BnF. 

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