Blame ! Le film d'animation inspiré du manga culte de Tsutomu Nihei a été présenté pour la première fois en exclusivité mondiale lors du festival international du film d'animation d'Annecy 2017, lors d'une séance événement mémorable devant une salle surchauffée.

Dans un futur sombre, très sombre, les hommes ont perdu leurs liens avec la ville. Celle-ci, devenue autonome, ne cesse de grandir et considère ces derniers comme des intrus qu'il faut éliminer sans pitié. Les survivants sont condamnés à se cacher et à combattre sans répit pour de faibles ressources. Alors que sa communauté manque d'eau et de nourriture, la jeune Zuru et ses amis décident de faire une sortie sans l'autorisation du chef. Arrivés à une conduite d'eau asséchée, ils sont attaqués et décimés par les robots gardes de la cité, les exterminateurs. Les survivants ne doivent leur salut qu'à leur rencontre avec Killy, un homme étrange doté d'un armement terrifiant et à la recherche des porteurs du gêne manquant pour communiquer de nouveau avec la ville. Il les suit jusqu'à leur village et fait une découverte primordiale.

Le film, commandé par Netfix au studio japonais Polygone Picture, s'inspire du manga culte éponyme de Tsutomu Nihei publié de 1998 à 2003, mais dans une version simplifiée et très édulcorée. Killy rencontre Zuru et décide d'aider son peuple, les électro-pêcheurs. La trame, relativement classique et simplifiée, permet aux non initiés de suivre et d'apprécier l'histoire. Les scènes de dialogues alternent avec des combats tourbillonnants mais lisibles, opposant Killy, Zuru et les électro-pêcheurs face aux exterminateurs.

L'environnement est gigantesque, délabré et incompréhensible pour le spectateur, mais n'est qu'un aperçu des constructions gigantesques de Nihei, l'ancien architecte de formation. Pas un brin de ciel, ni d'herbe ; point de trace d'animaux mais des étendues métalliques bétonnées où rôdent les machines tueuses.

Dans cet univers déshumanisé, Killy, taiseux, ténébreux, amnésique et aux surprenantes capacités semble parfaitement à sa place. Cibo, autre personnage étrange, recèle bien des mystères et se révèle d'une nature plus qu'incertaine et ambiguë.

Les graphismes 3D façon cel shading m'ont plutôt convaincu même si je reste une adepte de l'animation plus traditionelle. 

L'intrigue est bien menée et ne perd jamais le spectateur. Malgré quelques longueurs, j'ai bien accroché au film et ceux dès les premières minutes alors que l'on nous a littéralement largué dans un monde inconnu. La tension est déjà forte et ne retombe vraiment jamais. N'ayant jamais lu le manga, j'ai été tout à fait convaincue par cette adaptation malgré une simplification évidente et en grande fan de Nihei depuis que j'ai découvert Kights of Sidonia, il me tarde maintenant de découvrir cette série en 10 tomes. Les puristes de l’œuvre du maître seront probablement plus réservés mais tant l'oeuvre d'origine est sombre et dense mais, pour ma part, je pense que ce film est une bonne introduction à cet univers.

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